|
Premier ou Dernier Kilomètre ? |
|
On fait souvent état du dernier kilomètre, 'celui qui coûte cher'. Cette compréhension commune fait que l'on cherche à 'se faire livrer' directement et jusqu'au dernier mètre de son domicile ou de son entreprise des services ou produits.
En matière de télécommunications c'est un peu la même chose, le client s'adresse à un fournisseur global, qui gère tout de bout en bout, quitte à renoncer à des services car ce fournisseur n'est pas a même de parcourir ce dernier kilomètre. Difficile en effet d'avoir une vue planétaire et d'être capable de 'zoomer' en détail sur toute partie du monde même la plus reculée.
Cette vision des choses pousse par ailleurs à multiplier les infrastructures, chaque fournisseur construisant son infrastructure pour pouvoir 'livrer'. Pourtant dans le monde réel , il n'y a qu'une route entre votre entreprise et le domaine public, route dont vous êtes souvent le propriétaire pour la partie qui est sur votre tènement.
Et si on appliquait ce modèle aux télécoms?
Si ce dernier kilomètre devenait en réalité le premier kilomètre entre vos installations et un point de livraison télécoms. Une sorte de point relais télécom où l'entreprise pourrait 'récupérer' et 'livrer' ses paquets télécom.
Ce premier kilomètre, à l'instar de ce qui a été fait en son temps pour l'électricité, peut être réalisé conjointement entre des collectivités et des opérateurs locaux. En permettant la concentration des besoins, ce premier kilomètre assure la rentabilité des investissements des opérateurs majeurs qui deviennent ainsi des 'transporteurs' longue distance, là où les opérateurs locaux sont ceux qui irriguent le territoire.
En somme ce premier kilomètre est une autre vision de la notion de télécomunication, vue du point de vue des usages et où les infrastructures ne sont plus le moyen de conserver et enfermer le client mais la brique de base locale d'un modèle coopératif qui permet aux acteurs locaux de rester ancrés dans leur territoire.
Le comble dans un monde de télécoms, serait d'avoir demain à prendre sa voiture pour accéder à un point où les débits télécoms sont suffisants car suffisamment rentables. Une sorte d'antithèse à la localité et au développement durable.
Eric |
|
|
Haut Débit et Localité |
|
Lorsque de manière commune on pense télécommunications, la première idée est bien souvent celle d'un service universel, disponible sur toute la surface du globe et souvent proposé par des multinationales. Cela veut-il dire que le seul modèle des acteurs des télécoms est un modèle concentré distribuant des produits standards?
Ne peut-on pas, au moment même ou les standards de l'internet abolissent bon nombre de barrières techniques, imaginer un modèle de développement télécom ouvert sur ces standards et pour autant local? Nous avons la conviction qu'un modèle de développement économique des télécoms, fondé sur des équipes de faible taille, voire virtuelles est une des seules voies pour irriguer le territoire en profondeur. En effet, les contraintes économiques, qui sont soulevées par l'application de règles de rentabilité standard à des territoires de petites tailles, sont telles que les opérateurs classiques ne développent qu'en dernier lieu les NTIC sur ces territoires.
Au contraire des structures de petite taille issues ou en totale phase avec le monde économique local, peuvent par le bais des services de proximité apportés à leurs clients trouver une rentabilité marginale qui leur permet de développer des offres qui, dans le paradigme classique et convenu, n'auraient pas pu être imaginées. D'une certaine manière cette mini voire micro économie permet une reconsidération du territoire et notamment de la localisation des entreprises consommatrices de télécommunications. Elle évite la délocalisation des centres informatiques régionaux ou locaux, qui sans ces ressources télécom sont contraints d'être hébergés dans les grandes villes. Il ne s'agit pas pour autant d'être autarcique mais de tirer plein profit d'une interconnexion de prestataires qui viennent apporter des solutions globales, sur une technologie standardisée et donc d'accéder aux réseaux mondiaux. En quelque sorte un 'communicate global, connect local' !! Eric |
|
|